Cette seconde étape verra aussi l'agrandissement
de la maison principale à partir de 1931 environ.
L'existence de ces deux phases permet de comprendre la composition
actuelle du jardin et la juxtaposition parfois brutale de ses aménagements.
La superposition des plans anciens et actuels montre comment la
conservation des principales limites parcellaires ou cheminements,
parfois grevés de servitude, qui séparaient auparavant les différents
fonds, permet à Johnston de délimiter des espaces bien distincts
qui se retrouvent encore aujourd'hui.
Ainsi qu'il l'avait fait pour la topographie, Johnston réutilise,
en l'adaptant aux besoins de la végétation qu'il introduit, la ressource
en eau du domaine.
Réunissant des fonds différents, il en conjugue aussi les potentialités
hydrauliques pour réaliser un réseau centralisé sur l'actuel bassin
central, possédant une double vocation fonctionnelle et esthétique.
Son action portera également sur l'augmentation de la réserve en
eau par la création de citernes dans la partie haute du jardin.
Ces dernières peuvent être localisées grâce à la comparaison des
plans anciens et actuels.
Ces citernes sont alimentées par drainage des eaux pluviales grâce
à des rigoles. Ces citernes, associées aux barmes existantes alimentées
par les eaux d'infiltrations reliées aux citernes enterrées collectant
les eaux pluviales des toitures et au pompage des eaux apportées
par un béal traversant le bas de la propriété, assuraient la ressource
en eau du jardin.
La distribution des eaux se faisait par un réseau en tubes d'acier
identique à celui trouvé à Hidcote se terminant par des robinets
ou de "modernes" sprinklers.
Réutilisant les techniques locales dans un climat aux précipitations
abondantes mais peu nombreuses, Johnston maîtrise l'économie
de l'eau dont seul l'excès inutilisable est évacué hors du
jardin.
Les différents inventaires botaniques ont montré la richesse
extraordinaire du jardin. Les traces actuelles sont extrêmement
nombreuses et témoignent des potentialités remarquables
du site. L'analyse des différents espaces a révélé l'importance
de la végétation indigène préexistante, oliviers ou agrumes,
volontairement conservée par Johnston dans certaines terrasses,
et enrichies des nombreuses introductions postérieures à
ses voyages.
La partie supérieure du jardin, située au-dessus des maisons,
présente également de nombreuses traces d'aménagements :
cheminements, bassins, plantations, systèmes de drainage
des eaux, qui témoignent dans leur sobriété relative d'une
volonté d'aménagement global du lieu par Johnston. Il semble
que le jardin connaisse son "apogée" avant la seconde guerre
mondiale. Peu de changements interviennent après le retour
de Johnston.
Un orage violent provoque en 1952 des dégâts importants dans la
partie sud du jardin, emportant notamment les murs des terrasses
mauresques et du mandarinier. Ces dommages furent réparés seulement
partiellement.
Depuis la mort de Johnston, les seuls changements significatifs
concernent les parties périphériques du jardin : création d'un garage
et d'un parking dans la partie basse du jardin, extension de l'allée
d'accès avec création d'un parking supérieur plus proche de la maison
principale.
De façon plus générale, une diminution de l'entretien, plus
prononcée dans la partie supérieure du site, a permis l'extension
de certaines plantes au détriment d'autres, tandis que la végétation
indigène a pu se développer dans les zones les moins entretenues.
Une autre conséquence de ce développement peu contrôlé est l'accumulation
formidable de litière qui a recouvert peu à peu les différents
cheminements ou aménagements périphériques du jardin, dont les
structures réapparaissent au fur et à mesure des nettoyages entrepris
depuis deux années.